Avant de parler de forêts sanctuarisées, il faut parler de Théodore Rousseau. Ce peintre parisien né en 1812 quitte la capitale pour s’installer à Barbizon, hameau posé à l’orée de la forêt de Fontainebleau, qu’il arpente seul pendant des heures, par tous les temps. Les arbres sont son sujet – pas en tant que décor, mais comme acteurs de la composition. Ses toiles montrent des chênes séculaires, des sous-bois denses, des troncs noueux que l’on regarde comme des portraits.
Mais Rousseau n’est pas seulement peintre. Quand l’administration forestière commence à abattre les vieux arbres pour planter des pins en rangs serrés, il monte au combat. Il convainc Napoléon III. En 1853, des zones de la forêt de Fontainebleau sont protégées sous le nom de « réserves artistiques », une première mondiale. La forêt sera désormais préservée.
Deux de ses œuvres sont conservées au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, dont une Étude de troncs d’arbres datant de 1833. Un lien discret mais réel avec notre territoire.
Cent soixante ans plus tard, l’idée de sanctuariser une forêt pour la soustraire à l’exploitation – et y accueillir la mémoire des disparus – n’est peut-être pas si éloignée de ce que Rousseau avait en tête.
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